Comment définir la psychomotricité une bonne fois pour toutes ?

On a un sérieux problème, nous les psychomotriciens et les psychomotriciennes : une incapacité chronique à définir clairement notre profession. Que cela soit à destination du tout-venant, de manière vulgarisée d'une part (mais là n'est finalement pas tant le problème), et d'autre part entre nous, au sein même de la profession! Et c'est là que le bas blesse.

Parce que si nous ne trouvons pas de consensus sur une définition commune entre professionnels de la psychomotricité, alors notre profession continuera à peiner dans son parcours de reconnaissance et de compréhension dans l'opinion publique. (Encore plus en Belgique où nous ne sommes pas encore formellement inscrits sur la liste des paramédicaux légiférée par le gouvernement fédéral).

Prenons les crêpes par exemple : il existe autant de recettes différentes que de foyers. Tout de même, c'est admis que nous cuisinons tous des crêpes. C'est parce qu'il y a un consensus sur les ingrédients de base qui font d'une crêpe ... une crêpe. Un mélange de farine, lait, oeuf, le tout cuit à la poêle. Et puis chacun arrange à sa façon et rajoute ses petits ingrédients accessoires. Mais les fondations sont là.

L'historique de l'émergence du métier de psychomotricien(ne), issus de différents courants de pensée et de différentes corps de métiers, est à l'origine d'un certain flou dans les fondements de notre profession. Nous ne sommes pas d'accord sur les ingrédients. Chacun y va de sa recette personnelle ... et ça part dans tous les sens. Les crêpes ne ressemblent plus à des crêpes (avec le risque de carrément cuisiner autre chose).

Et si on se mettait d'accord une bonne fois pour toutes ?

Des concepts flous pour définir la psychomotricité

Si on demande à des étudiants en psychomotricité de définir leur futur métier, on obtient une multitude de réponses :

  • « On ne sait pas ... Chaque prof donne une définition différente ! »
  • « C’est une approche globale / holistique du corps. »
  • « Ce sont les liens entre le corps et l'esprit. »
  • « C’est un peu entre la kiné, la psycho et l’ergo... »

Et si tu t’aventures à poser la même question à des médecins ou à d'autres paramédicaux, les réponses ne sont pas plus claires :

  • « C’est un métier assez flou. »
  • « Ce n’est pas remboursé. »
  • « Cela s'adresse aux enfants avec des problèmes relationnels. » Confère la psychomotricité relationnelle, très présente en Belgique et ailleurs.

Nous-mêmes, les psychomotricien(ne)s sommes bien en mal de cibler de manière claire et lisible ce qui fait la spécificité de notre profession. Encore une fois, en fonction des courants de pensée auxquels nous auront été biberonés en formation initiale et/ou continue, les termes seront bien différents :

  • « L'engagement tonico-émotionnel du psychomotricien. »
  • « L'entité psychosomatique. »
  • « Les médiations (psycho)corporelles. »
  • « L'équilibre corps / esprit. »
  • « Le dialogue tonique. »
  • « Les paramètres psychomoteurs / items psychomoteurs / fonctions psychomotrices. »
  • « Le développement psychomoteur. »

Et si on se mettait d'accord sur les ingrédients pour définir la psychomotricité ?

L'idée n'est pas de cadenasser une définition qui contraindrait l'individualisation des pratiques psychomotrices que l'on sait plurielles. Mais plutôt, comme pour les crêpes, de se mettre d'accord sur les ingrédients. Trouver un consensus entre professionnels, pour pouvoir ENSUITE vulgariser notre pratique à partir d'une base commune sans partir dans des directions complètement opposées et noyer tout le monde dans des termes ambigus

Plusieurs psychomotriciens se sont récemment exprimés à ce sujet sur les réseaux sociaux. Et voici les ingrédients qui tendent à émerger comme base de travail d'une définition consensuelle de notre discipline :

Un paradigme psychomoteur

Le modèle conceptuel de l'interrelation dynamique entre les 4 piliers que sont la sensorialité, la motricité, l'affectivité et la cognition.

Des fonctions psychomotrices

Telles que définies par l'Organisation Mondiale de la Santé dans sa Classification Internationale du Fonctionnement (CIF).

Un aspect développemental

Les fonctions psychomotrices, par leur déterminant neurologique, ne sont pas encore matures à la naissance. Elles se développent progressivement.

Des troubles psychomoteurs

En tant que perturbations ou d'altérations des fonctions psychomotrices, qui apparaissent dans la symptomatologie de pathologies neurologiques et psychiatriques.

Un paradigme pour définir la psychomotricité

Un paradigme professionnel est une représentation simple conçue pour modéliser une discipline à partir de fondements établis. Chacune des disciplines paramédicales reposent ainsi sur son propre paradigme. Les ergothérapeutes ont leur modèle occupationnel. Les kinés ciblent la rééducation par le mouvement. Les orthophonistes / logopèdes se focalisent sur la communication.

La métaphore du tabouret à 4 pieds est à ce jour la représentation qui fait sans doute le meilleur consensus au sein de la discipline de la psychomotricité. Qu'elle soit exprimée sous forme de tabouret ou d'une intersection de diagrammes, le contenu est le même.

Ce modèle simple est utilisé pour mettre en évidence l'une de nos spécificités professionnelles qui se situerait à la croisée de 4 grands domaines / piliers / dimensions (là aussi les termes utilisés sont variables) interconnectés de l'être humain :

Lorsque l’un de ces piliers est fragilisé, c’est tout le fonctionnement psychomoteur de l'individu qui peut s'en retrouver impacté. Et c’est là que nous intervenons en tant que psychomotricien(ne)s.

Définir la psychomotricité à partir des fonctions psychomotrices

Si il y a bien un concept qui apparaît clairement dans la littérature scientifique internationale, ce sont les fonctions psychomotrices.

Dans la Classification Internationale du Fonctionnement, du Handicap et de la Santé (CIF) éditée par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les fonctions psychomotrices sont renseignées sous la section b147.

Fonctions organiques > Fonctions mentales > Fonctions mentales spécifiques > Fonctions psychomotrices. Elles y sont définies comme :

« Fonctions mentales spécifiques du contrôle sur les évènements à la fois moteurs et psychologiques au niveau du corps. »

Autrement dit, le siège des fonctions psychomotrices est le cerveau (ce sont des fonctions mentales). Et leur spécificité est de contrôler les évènements à la fois moteurs et psychologiques.

On retrouve donc bien notre paradigme psychomoteur, ici dans une version moins précise, à 2 piliers (motricité / psychologie) plutôt que 4. Mais la base est bien là, dans un texte de référence à l'international, traduit dans de nombreuses langues.

Extrait de la CIF (OMS, 2001)
Le modèle des intéractions psychomotrices selon Matta-Abizeid
Le modèle des intéractions psychomotrices (Matta-Abizeid, 2006)

Mais quelles sont les fonctions psychomotrices ?

Nous nous heurtons ici, à nouveau, à une difficulté dans cette trajectoire de définition de nos fondements professionnels La CIF ne nous aide pas pour répondre à cette question. Certes, elle définit les fonctions psychomotrices dans leur ensemble, mais elle n'approfondit pas la nomenclature en précisant ce que recouvrent exactement ces-dites fonctions.

Dans la littérature scientifique, seules deux sources solides proposent une liste des fonctions psychomotrices. Il s'agit d'une part du corpus de recherches scientifiques autour de la construction et de l'étalonnage de la batterie d'évaluation des fonctions neuro-psychomotrices de l'enfant (NP-MOT, Vaivre-Douret, 2015). Et d'autre part du modèle des interactions psychomotrices proposé par Matta-Abizeid, dans sa thèse, et repris plus tard par Alexandrine Saint-Cast, dans sa thèse également.

Ainsi les fonctions psychomotrices telles qu'opérationnalisées par la NP-MOT en représente à ce jour la liste la plus exhaustive :

  • Le tonus (membres supérieurs, inférieurs et tronc) ;
  • La motricité globale (statique et dynamique) ;
  • La latéralité (gestuelle spontanée, usuelle, psychosociale) ;
  • Les praxies manuelles ;
  • Les gnosies tactiles (digitales) ;
  • L'habileté oculo-manuelle ;
  • L'orientation spatiale (sur soi, autrui, objets, plan) ;
  • Le rythme (tempo auditivo-kinesthésique, auditivo-perceptivo-moteur) ;
  • L'attention auditive.

À la naissance, les fonctions psychomotrices ne sont pas matures. Elles se développement progressivement, en lien avec la maturation neurologique de l'enfant et d'autres facteurs intrinsèques et environnementaux (épi-génétiques).

Les troubles psychomoteurs

Les troubles psychomoteurs ne représentent pas une entité nosographique à part entière dans la nomenclature. Ils font partie de la symptomatologie de nombreuses pathologies neurologiques, neurodéveloppementales et psychiatriques.

Ils apparaissent ainsi en tant que perturbations des fonctions psychomotrices à leurs différents niveaux :

Les troubles psychomoteurs mettraient ainsi en péril la dynamique de fonctionnement interconnecté entre les dimensions sensorielles, motrices, affectives et cognitives de l'individu. C'est notre fameux tabouret à 4 pieds qui est déstabilisé, pour reprendre la métaphore propre à notre paradigme professionnel en psychomotricité.

Des propositions concrètes pour définir la psychomotricité

Maintenant que nos ingrédients fondamentaux sont précisés, il n'y a plus qu'à organiser tout ça au sein d'une définition. Voici ma petite proposition :

Le psychomotricien est un professionnel de santé expert des fonctions psychomotrices et de leur développement. Il fonde sa pratique sur l'interrelation dynamique entre la sensorialité, la motricité, l’affectivité et les cognitions. Il intervient sur les troubles psychomoteurs dans un contexte de fonctionnalité.

Bien sûr, cette définition reste concise. On pourrait la préciser en mentionnant nos techniques d’intervention, nos cadres d’exercices et nos publics cibles.

C'est aussi une définition peu accessible pour les non-avertis. À nous, une fois d'accord sur une définition consensuelle commune entre professionnels, de simplifier et d'illustrer notre discours selon le destinataire.

Ca brainstorme aussi sur les réseaux

Question 1

Réponse

Question 2

Qu'est-ce que t'en penses ? Tu ajouterais quelque chose ? Tu modifierais certains termes ? La discussion est ouverte dans les commentaires ci dessous ⤵️

Une application concrète des lignes de base en psychomotricité

Après l'engouement du bilan psychomoteur et des premières séances d'un suivi, se pose généralement la question de l'évolution du patient et de la cohérence des stratégies de rééducation en cours. Ce qui revient finalement à se demander / vérifier que ce qu'on lui propose en séance de psychomotricité reste pertinent ET porte ses fruits

⛳️ C'est le moment de mesurer les progrès de ton patient et d'évaluer l'impact des stratégies d'intervention psychomotrice utilisées. Est-ce que le patient évolue ? Est-ce que c'est grâce à tes séances ? Est-ce qu'il est temps de modifier les objectifs ou d'en écrire de nouveaux ? La méthodologie d'intervention et les stratégies de rééducation doivent-elles être adaptées ? Pour répondre à toutes ces questions et (surtout) prendre les bonnes décisions, tu auras besoin de données objectives et concrètes. L'intuition n'est (vraiment) pas suffisante, compte-tenu de tous les biais cognitifs que te joue ton cerveau

Heureusement, il existe un outil simple et facile d'accès pour, à la fois, valider la pertinence de tes objectifs d'intervention, mesurer les progrès effectifs de ton patient et, surtout, vérifier l’efficacité de tes séances : les lignes de base

On les croise bien + souvent en logopédie/orthophonie qu'en psychomotricité, où elles sont encore (très) peu utilisées. Pourtant, la méthodologie est tout à fait applicable à notre pratique psychomotrice. Bonus non négligeable : elles pourraient réellement participer à rendre nos prises en charge plus rigoureuses, plus efficaces, et surtout plus reconnues

Qu'est-ce qu'une ligne de base

Une ligne de base, c’est un protocole d'évaluation rapide qu’on met en place pour mesurer facilement les effets d’une intervention (applicable peu importe la discipline d'ailleurs, en orthophonie, ergothérapie ou psychomotricité).

En clair, tu proposes à ton patient une série d’épreuves avant le début de la rééducation, tu notes ses performances, puis tu refais les mêmes tests après l’intervention. Tu compares les performances avant/après ... Et boum tu sais si ce que tu proposes fonctionne. Simple, non ?

Ce qui rend cet outil si génial, c’est sa capacité à t’indiquer si :

Le tout, sans statistiques compliquées Avantage qui n'est pas des moindres si les calculs de z-scores ne sont pas ta tasse de thé.

Comment construire une ligne de base

Avant de construire ta ligne de base, tu as besoin d'un objectif d'intervention psychomotrice bien ficelé (et ça, ce n'est déjà pas une mince affaire ). Eh oui : qui dit absence d'objectif ciblé, dit absence de plan d'intervention ... et donc difficile de mettre en place des lignes de base.

C'est donc ton objectif d'intervention qui va t'aider à déterminer à constituer 3 listes d'items (sous forme de tâches et d'épreuves simples) :

  1. Une liste de tâches que tu entraineras en séance, avec le matériel dont tu disposes : c'est ton indicateur de progression. Si tout se passe bien, ton patient devrait améliorer sa performance après ta série de séances. Ce qui te confirme que ce que tu proposes à ton patient est pertinent et le fait avancer dans la bonne direction.
  2. Une liste de tâches analogues, MAIS qui ne seront pas pratiquées en séance : c'est ton indicateur de transfert. Si ton patient améliore sa performance post-intervention, c'est parce qu'il est capable de transférer les habiletés entraînées dans de nouvelles activités, spontanément.
  3. Une liste de tâches qui n’ont rien avoir avec les deux premières listes : elles sollicitent un tout autre type d'habiletés ne faisant pas partie du plan d'intervention de ton patient. C'est ton indicateur de spécificité. Normalement, ton patient ne devrait pas améliorer sa performance de manière significative à ces épreuves-là, puisqu'elles n'ont pas été travaillées! Si ton patient s'améliore pareillement dans les 3 listes, tu ne peux pas garantir que son évolution soit réellement liée à tes interventions. Ton patient a peut-être tout simplement grandit, avec une maturation naturelle de ses fonctions psychomotrices ‍♀️

Un exemple simple de ligne de base pour la dextérité manuelle en psychomotricité

Prenons l’exemple d’un enfant de 5 ans dont l’objectif de la rééducation psychomotrice est d’améliorer les aptitudes graphiques pour le préparer à l’apprentissage de l’écriture, en vue de son entrée prochaine à l’école primaire.

On va donc lui proposer, entre autres choses, des tâches de dextérité manuelle et digitale, avec différentes manipulations qui font intervenir la dissociation des doigts, la pince de préhension, les mouvements de translations doigts/paume et paume/doigts, les rotations simples et les rotations complexes.

Idéalement on pourrait créer des lignes de base pour chaque type de tâches Mais pour notre exemple, je te propose qu’on s’intéresse à la pince de préhension pouce/index.

Alors c'est parti : une fois le type de tâche clarifié, tu peux constituer tes 3 listes de tâches ⤵️

Ligne de base : liste A

✔️ Tâches entrainées en séances

  • Ouvrir des pinces à linges
  • Tourner les pages d’un livre
  • Presser du papier-bulle pour faire éclater la bulle
  • Utiliser une pipette pour déposer une goutte à la fois dans un pop-it
  • Retirer délicatement une pièce du Jenga

Ligne de base : liste B

➕ Tâches analogues non-entraînées

  • Ranger un par un les Mikados dans leur boîte
  • Insérer des jetons dans une tirelire
  • Transférer des éléments avec une pince (type pince à épiler)
  • Assembler et séparer des maillons de chaîne

Ligne de base : liste C

✖️ Tâches de contrôle

  • Marcher en équilibre sur la poutre
  • Sauter dans une série de cerceaux
  • Retrouver un élément dans un jeu de cherche et trouve
  • Mémoriser 3 éléments

 Toutes les tâches de ces 3 listes sont proposées au patient avant le début de la rééducation. On mesure sa performance selon des critères précis et reproductibles ultérieurement : par exemple, le nombre de pinces à linges correctement ouvertes en 30 secondes.

On répète ensuite la manoeuvre en fin de rééducation.

Si notre rééducation était efficace, le patient devrait avoir amélioré sa performance sur les items entrainés de la liste A. Idéalement, il devrait aussi avoir amélioré sa performance sur les items analogues non entrainés de la liste B, ce qui voudrait dire qu’il a généralisé les stratégies apprises. Par contre la performance réalisée pour les items de la liste C devrait rester stable, ou moins progresser que les deux autres listes (il peut y avoir une légère progression due à la poussée développementale).

Plusieurs semaines après la rééducation, alors qu’on est passé à un autre axe de travail avec ce patient, on ressort nos 3 listes pour vérifier si les effets se maintiennent dans le temps ⏳

Pourquoi les lignes de base transforment profondément ta pratique psychomotrice

Les lignes de bases représentent un véritable outil de monitoring de l'efficacité et de la pertinence du suivi psychomoteur que tu offres à ton patient. Elles structurent ta démarche thérapeutique en confirmant l’efficacité de ton intervention… mais aussi en te permettant des remises en question et des ajustements, si jamais les résultats ne suivent pas

Et là, attention : ce n’est pas un échec. C’est au contraire un énorme gain professionnel, parce que tu identifies rapidement ce qui ne fonctionne pas pour réajuster sans attendre.

En résumé, les lignes de base sont conçues pour vérifier que ta rééducation :

Mais ce n’est pas tout ! À mon sens, les lignes de base te forcent aussi à préciser réellement tes objectifs (pas juste les formuler vaguement ) et à choisir des indicateurs mesurables. C’est ultra précieux si tu veux professionnaliser ta clinique.

On gagnerait donc en solidité professionnelle de s’y mettre, nous les psychomotriciens! Tu ne crois pas ?

Comment intégrer les lignes de base dès ton prochain suivi psychomoteur

Tu veux te lancer ? Commence simple :

Pas besoin d’un protocole rigide ou d’un tableur compliqué pour commencer. L’essentiel, c’est que ce que tu mesures soit reproductible et significatif pour toi et ton patient, en fonction de l'objectif ciblé.

Et bien sûr, ne t’arrête pas là : tu peux ensuite enrichir ta ligne de base avec des items du wiki selon la fonction ciblée (visuo-spatial, schéma corporel, attention, praxies motrices, …).

Comment lutter contre le flou artistique et clarifier ta pratique psychomotrice

Est-ce que ça t'est déjà arrivé d'improviser complètement tes séances au feeling ? De sortir d'une séance de psychomotricité avec le sentiment frustrant d'avoir un peu bricolé, d'avoir fait de l'animation + qu'autre chose ? En te demandant si tes interventions psychomotrices sont réellement pertinentes ? En doutant de leur impact réel pour ton patient ?

Cette impression de naviguer à vue avec tes patients, ce sentiment d’incertitude constant face à tes suivis, de ne pas vraiment savoir si tu es sur la bonne voie, si tes séances portent leurs fruits ou si tu es en train d’avancer à l’aveuglette ... Tu n'es certainement pas seul(e) à l'expérimenter!

Nous sommes très nombreux à ressentir ce flou artistique, à un moment où à un autre de notre parcours professionnel de psychomotricien(ne). Qu’il s’agisse de jeunes diplômés cherchant leurs repères ou de professionnels expérimentés sentant leur raisonnement clinique s'étioler, le sentiment est le même ‍♀️

Peut-être as-tu l'impression de partir dans tous les sens, de découvrir des concepts méthodologiques essentiels APRES tes études, ou de jouer à l'équilibriste entre tes intuitions cliniques et les recommandations de l'EBP (evidence-based practice) ? Avec ce sentiment de toujours devoir réinventer tes séances, de te perdre dans la multitude de techniques et médiations possibles.

Tu poses des objectifs un peu au feeling, sans méthode claire. Tout ça pèse lourd sur ta charge mentale de psychomotricien(ne). Au final, tu termines tes journées au bout du rouleau à force de chercher constamment comment donner du sens à ton travail.

J'ai une bonne nouvelle pour toi : ce sentiment d'insécurité n'est pas une fatalité. C'est souvent le symptôme d'un manque de structure dans ta pratique. Et tout ça peut se récupérer facilement en quelques étapes bien menées ☺️

Pourquoi la psychomotricité manque encore de clarté ?

Le flou artistique qui tend à rêgner dans notre métier n’est pas un hasard. La psychomotricité est une discipline jeune, encore en pleine structuration, qui a puisé dans différents courants de pensée pour se construire. Résultat : un champ d’intervention très vaste où coexistent des approches parfois contradictoires.

À cela s’ajoute un manque de méthodologie bien définie dès la formation initiale. Tu sors diplômé(e) avec plein de connaissances théoriques, mais sans toujours savoir comment structurer tes suivis dans une réalité de terrain.

Autant de questions auxquelles peu de psychomotriciens ont reçu des réponses claires … et qui finissent soit par générer un véritable fardeau mental au quotidien, soit par effilocher ta légitimité professionnelle. Ou encore simplement par attaquer ta motivation dès le lundi matin.

5 étapes pour structurer ta pratique psychomotrice

Si tu te reconnais dans ces questionnements professionnels, que tu te les poses depuis longtemps où qu'elles apparaissent et disparaissent de manière plus cyclique, pas de panique. Je te propose 5 étapes à emporter pour faire le point. À suivre dans l'ordre ou en piochant dans la liste en fonction de tes points de friction actuels ⤵️

Etape 1 : Consolide ta méthodologie de bilan psychomoteur

Une bonne méthodologie pour réaliser un bilan psychomoteur structuré te donnera les repères qui guideront ta conduite tout au long des premières prises de contacts et des séances d'évaluation. Tu pourras ainsi t'appuyer sur des ressources concrètes afin de récolter des données pertinentes pour orienter adéquatement le patient sur sa trajectoire de soin.

Avec l'expérience, tu aiguiseras ta connaissance de la nomenclature et de la nosographie. Tu connaîtras les facteurs de risque des troubles psychomoteurs par coeur, ainsi que les outils de repérage à utiliser pour les objectiver. Tu sauras faire la part des choses entre les atteintes neuro-développementales et leurs impacts sur la performance du patient, pour cibler les meilleures stratégies de rééducation et des aménagements environnementaux individualisés.

Tout commence par là : si tes repères sont incomplets, si tes évaluations sont floues, c’est normal que tout le reste le soit aussi !

Besoin d'aide ? Que tu préfères travailler en autonomie ou être accompagné(e), tu trouveras ce qu'il te faut sur l’e-learning de Pensez Psychomot pour (re)travailler tout ton processus de bilan psychomoteur, et en faire un outil rigoureux au service de ton raisonnement clinique

Etape 2 : Apprends à formuler des objectifs et un plan d'intervention pour les atteindre

Travailler sans objectifs précis, c’est comme naviguer sans carte ni GPS en terrain inconnu : c'est l’improvisation permanente, avec beaucoup de détours pour trouver son chemin. Et encore, si on ne se perd pas en cours de route

En tant que professionnel de santé paramédical, tu n'as certes pas d'obligation de résultat ... mais bien une obligation de moyens! Tu dois donner tout ce qui est en ton pouvoir pour fournir le meilleur service à ton patient. Ce qui nécessite un minimum de clarté ET de structure dans l'organisation de tes prises en charge.

À chaque séance, tu dois avoir en ta possession (dans ta tête ou sur papier), 2 informations cruciales :

Alors la question du "qu'est-ce que je fais aujourd'hui en séance avec ce patient" ne se posera plus, car cela ira de soi Et avec l'expérience, tu pourras même te permettre d'improviser tes activités de rééducation, puisqu'elles ne sont pas un but en soi, mais bien un levier de progression.

Besoin d'aide ? Un atelier dédié à la construction du plan de soin psychomoteur arrive bientôt sur l’e-learning. Il t’aidera à structurer tes suivis de manière rigoureuse et méthodique. On y parlera des approches bottom up et top down, des curriculums de compétences et je t'y présenterai plusieurs modèles pour concevoir tes objectifs. Spoiler : il n'y a pas que le SMART dans la vie

Etape 3 : Structure tes séances avec une bonne méthodologie

Le « quoi » et le « pourquoi » ne suffisent pas. Encore faut-il bien maîtriser le comment ! Chaque séance doit être guidée par une méthodologie d’intervention adaptée, en fonction de ton patient et de ses besoins.

Tu n'as pas besoin de (ré)inventer tes contenus de séance chaque semaine. D'autres s'en sont chargés pour toi et les ont même consignés dans des méthodologies d'intervention (que tu trouveras dans des ouvrages, des articles scientifiques ou en formation continue).

C'est d'ailleurs ce que te propsose la formation Objectif Émotions sur l’e-learning : une véritable méthodologie clé-en-main pour accompagner la gestion des émotions en séance de psychomotricité ️

Etape 4 : Utilise un outil pour t'aider à organiser ton raisonnement clinique et toutes tes données

Garder tous tes processus cliniques sous contrôle, ça demande une bonne organisation. Et pour ça, Notion est un allié de taille !

Et si tu ne veux pas construire ton espace Notion de zéro, j'ai conçu pour toi une configuration Notion sur-mesure, déclinée en deux versions : un tableau de bord simple et une version plus avancée, le second cerveau. Cela fonctionne comme un baromètre : tu n'as plus qu'à l'ouvrir le matin et Notion te dit quoi faire et ou tu en es. Pour chacun de tes patients. Mais aussi pour ta gestion comptable et administrative. 

Etape 5 : Utilise l’intelligence artificielle pour alléger ta charge mentale

Tu serais surprise du nombre de tâches que ChatGPT peut automatiser pour toi en psychomotricité… du bilan aux comptes-rendus en passant par la création d’activités adaptées.

Sur l'e-learning, je te propose un atelier ultra accessible qui te montre concrètement comment l’IA peut devenir un vrai assistant dans ta pratique quotidienne.

Se sentir complètement alignée avec sa pratique psychomotrice, c’est possible ! Suivre ces quelques étapes te permettra d’agir avec plus de clarté, de stratégie et de sérénité.

Le wiki regorge de ressources pratiques pour t’accompagner à chaque étape du processus. Inscris-toi gratuitement pour accéder à toutes ces infos et bien d’autres encore

Esprit critique et dérives dans les soins de santé : les psychomotriciens sont concernés

Dans le domaine de la santé comme dans celui du bien-être, il existe un vaste melting-pot de pratiques. Certaines sont solidement réglementées et reconnues, tandis que d’autres voguent dans des eaux plus troubles. Aujourd’hui, je veux te parler d’un sujet qui fâche : les dérives dans les soins de santé. Et tu verras que nous, psychomotricien(nes), avons tout à gagner à développer un esprit critique aiguisé.

Pratiques conventionnelles versus non-conventionnelles en matière de santé

Entre les pratiques conventionnelles et les pratiques non-conventionnelles, il y a un véritable fossé. Mais de quoi parle-t-on exactement ?

Les pratiques conventionnelles, telles que la kinésithérapie, l’ergothérapie, la logopédie ou encore la médecine générale, sont strictement encadrées. Seules les personnes ayant suivi une formation reconnue, validée par un diplôme, peuvent exercer ces professions essentielles. L'accès au métier est réglementé. Des lois définissent ensuite les actes et les techniques autorisés.

À l’inverse, les pratiques non-conventionnelles, souvent désignées comme alternatives ou parallèles, ne sont pas réglementées. N’importe qui peut se revendiquer magnétiseur, énergéticien ou encore kinésiologue. Des certifications existent, mais elles ne s’appuient sur aucun cadre scientifiquement établi ou réglementaire. Concrètement ? Une école improvisée peut voir le jour, facturer des milliers d’euros à ses "apprenants" et délivrer un certificat sans la moindre garantie de validité. Effrayant, non ?

Le cœur du problème : des approches sans base scientifique

Le grand reproche que l’on peut faire à la majorité de ces approches non-conventionnelles est leur absence de données probantes. Certaines reposent sur des croyances, des mythes ou carrément des informations fausses. Pire encore, elles peuvent s’appuyer sur des idées scientifiquement réfutées et jouer sur l’émotion des individus.

Alors oui, certaines personnes en témoignent : "Ça fonctionne pour moi". Mais est-ce suffisant pour bâtir une prise en charge professionnelle et rigoureuse ? Nous, en tant que psychomotricien(nes), devons nous appuyer sur des outils, des méthodes et des techniques ayant démontré leur efficacité selon des données issues de la recherche. L’enjeu est de taille : éviter de potentiellement nuire aux patients et leur offrir des soins réellement adaptés, basés sur des faits.

Pourquoi l'esprit critique est essentiel en psychomotricité

En tant que psychomotricien(nes), nous sommes bien souvent la cible de ces pratiques alternatives qui vantent les mérites de leurs formations holistiques, énergétiques, archaïques, psycho-corporelles, etc. Développer un esprit critique est devenu une compétence incontournable pour ne pas tomber dans le piège des pratiques douteuses.

L’intelligence artificielle, les algorithmes des réseaux sociaux et la profusion de contenus générés automatiquement n’aident pas. Ils participent plutôt à la diffusion de croyances erronées et de désinformation. Face à cela, affûter son esprit critique est vital pour démêler le vrai du faux. Qui sait, peut-être qu’un jour cette compétence deviendra un objectif de nos bilans psychomoteurs ?

5 ressources pour renforcer ton esprit critique

Pour t’aider à cultiver ton esprit critique, voici 5 ressources qui m’ont beaucoup parlé :

Tu peux retrouver toutes ces références en détail dans le wiki, et bien d’autres attendent encore d’enrichir ta pratique. Le wiki ? C’est une base de données collaborative riche en ressources en psychomotricité, triées par thématiques et populations. En t’inscrivant gratuitement, tu pourras accéder à des contenus variés pour étoffer et actualiser ta pratique. Mais ce n’est pas tout : tu pourras aussi contribuer en y ajoutant tes propres découvertes. Une vraie communauté de partage

Comment construire un plan de traitement psychomoteur efficace ?

Tu connais sûrement cette sensation : celle d’avoir vidé ton réservoir d’idées après plusieurs heures de rédaction d’un bilan psychomoteur. Imprimer ce document, mettre le point final, c’est une belle étape. Mais en réalité, ce n’est que le début d’un nouveau chapitre : l'élaboration de ton plan de traitement.

Sauf si ton évaluation conclut qu’aucun suivi n’est nécessaire, bien sûr. Mais si tu as défini des objectifs de soin psychomoteur, il va falloir répondre à une série de questions essentielles :

Ces interrogations, crois-moi, sont tout à fait naturelles. Y répondre te permettra de tracer le fameux fil conducteur de ton accompagnement. Ce fil conducteur, c’est ton plan de traitement.

Le plan de traitement : ton phare dans la nuit

Je sais ce que tu penses : "Un plan de traitement, ça sonne ultra rigide, non ?". En réalité, c’est tout le contraire. Préparer un plan à l’avance, c’est te donner un cadre flexible et structuré qui t’aide à naviguer dans le quotidien souvent imprévisible de tes séances.

À chaque séance, tu as une vision claire :

Grâce à cette organisation, tu gagnes un temps précieux et tu peux adapter tes interventions au plus près des besoins de chaque individu que tu accompagnes.

Construire une banque de plan de traitement

️ Une fois rodée, cette démarche te permet aussi de te constituer une banque de canevas de plans de traitement. Y plonger, c’est comme piocher dans une bibliothèque pleine d’idées adaptées à différents objectifs psychomoteurs.

Bien sûr, chaque patient est unique. Ces plans ne sont que des bases que tu personnalises selon les besoins identifiés dans ton bilan. Mais crois-moi, c’est un gain de temps inestimable pour démarrer.

Exemple ? Voici une (petite) partie d’un plan de traitement ciblant l’inhibition :

  1. Travail de l'interruption d’une action en cours : avec des jeux de "stop/go" ou "stop/think/go" (exemple : adaptation du Uno en Uno Tap).
  2. Travail de l'inhibition d’une réponse prédominante : rien de tel que des classiques comme Jacques a dit ou Banane verte.
  3. Renforcer l'inhibition des distracteurs : avec des jeux comme Halli Galli ou Bazar Bizarre.
  4. Améliorer la flexibilité cognitive : ici, il suffit de changer la consigne dans les jeux précités pour que le patient doivent inhiber la consigne apprise pour respecter la nouvelle.
  5. Cibler le focus attentionnel : avec des Cherche & Trouve ou des défis comme Les 7 différences.
  6. Renforcer le contrôle moteur dans des activités d'inhibition motrice : avec des jeux de type Jenga, Brickwall ou encore la Pyramide des animaux.

✔️ Une case cochée pour chaque point, un petit feedback noté après la séance, et voilà ton plan qui constitue ton allié pour évaluer les progrès et éviter d’oublier un pan du travail.

Mais attention, un plan de traitement n’est pas figé. Il évolue avec ton patient. Et ce n’est pas seulement une liste d’activités : c’est aussi une méthodologie. À toi d’y inclure les éléments qui te sont nécessaires pour avancer efficacement.

Des ressources pour enrichir tes plans de traitement

Tu te demandes peut-être : "Et où trouver des idées pour étoffer mes plans ?". Heureusement, le wiki est là pour toi. C’est une vraie mine d’or, alimentée par moi-même et quelques contributeurs dévoués (rejoins-les ). Voici quelques pépites qu’on y trouve en ce moment :

Ces ressources t’intéressent ? Tu peux les retrouver sur le wiki et en découvrir bien d’autres ! Inscris-toi, c’est totalement gratuit et tu auras rapidement accès à une base de données collaborative pleine d’idées pour dynamiser ta pratique .

Avec plus de 4600 inscrits, le wiki est une plateforme vivante mais qui pourrait l’être encore plus avec quelques contributeurs supplémentaires. Pourquoi ne pas partager aussi tes idées ou supports qui font des merveilles dans tes séances ? Ta contribution, même petite, pourrait grandement aider la communauté.

Alors, prête à faire le plein d’inspiration, à structurer tes interventions et à explorer de nouvelles méthodologies ? À toi de jouer .

En résumé

Si cet article te parle, rends-toi vite sur le wiki pour découvrir encore plus d’outils et enrichir ta pratique psychomotrice. C’est gratuit, alors pourquoi hésiter ?

Cinq protocoles pour structurer tes interventions psychomotrices

Tu t’es peut-être posé la question : pourquoi en psychomotricité, il n’existe pas autant de protocoles qu’en kinésithérapie ou orthophonie ? Après tout, comme dans les autres disciplines paramédicales, nous travaillons avec des patients qui méritent les meilleures interventions possibles, adaptées à leurs besoins et soutenues par des données probantes, non ?

Je sais bien qu’en tant que psychomotricien(ne), on a souvent cette peur de « se transformer en robot dénué d'humanité » si on se base sur un cadre méthodologique. Faisons le point ensemble : est-ce que c’est le cas, vraiment ? Et si la mise en place de protocoles pouvait, au contraire, enrichir notre pratique ?

Mais d’abord, c’est quoi un protocole en rééducation ?

Un protocole, c’est ni plus ni moins qu'une méthodologie d’intervention qui repose sur des données scientifiques actuelles. Prenons l’exemple d’un kiné : s’il travaille sur une rééducation post-opératoire du ligament croisé, il suivra des étapes précises, fixées en fonction des meilleures pratiques et validées par des recherches. C’est pareil pour un orthophoniste qui adapte son intervention selon la nature du trouble de son patient.

Alors pourquoi, nous, en psychomotricité, serions-nous réticents à franchir ce pas ? Appliquer un protocole ne signifie pas renoncer à individualiser nos soins, ni négliger la notion de relation tonico-émotionnelle qui est au cœur de notre métier. Cela représente simplement un cadre qui structure notre intervention, tout en restant ouvert à des ajustements pour chaque patient.

En fait, c’est faire le choix de l’excellence pour nos patients, en leur proposant ce qui a le plus de chances d’être efficace en fonction de leur profil. Adopter un protocole, c’est emprunter, ensemble, la meilleure trajectoire possible.

La place des protocoles dans la psychomotricité actuelle

Honnêtement, on ne va pas se mentir. À ce jour, les protocoles spécifiques en psychomotricité ne courent pas les rues. On en voit émerger quelques-uns comme le PIPS, le PEPS ou encore le RPFE (dont tu as peut-être déjà entendu parler ?). Mais il est vrai qu’on reste encore loin des standards appliqués dans d’autres disciplines.

Pourquoi ? Tout simplement parce que nous manquons de recherches spécifiques dans notre champ. Et si on remonte à la racine du problème, c’est lié à un fait tout simple : la psychomotricité ne propose pas encore de cursus de type master ou doctorat qui pourraient pousser le développement de la recherche.

Mais pas de panique ! Les psychomotriciens cherchent par d’autres moyens. Nos collègues chercheurs puisent dans des disciplines connexes comme la neuropsychologie, l’éducation ou encore la pédiatrie. De quoi construire des bases solides pour des protocoles un jour plus nombreux et mieux documentés.

Voici d'ailleurs à titre d'exemple 5 protocoles ou programmes actuellement à notre disposition. Ça t’intrigue, pas vrai ? Ces ressources sont détaillées et centralisées dans le fameux wiki de @Pensez_Psychomot. Si tu ne fais pas encore partie de la communauté, je t’invite à t’inscrire gratuitement ici pour avoir accès à ces pépites (et plein d’autres !).

Le PEPS : réinvention de la rééducation graphique

Le Programme d’Écriture Positif et Spécifique, ou PEPS, se distingue comme une méthode innovante pour la rééducation du graphisme en psychomotricité. Créé par des psychomotriciens passionnés, ce programme est centré sur l’approche "top down", autrement dit, axé directement sur la tâche à accomplir. Il s’éloigne des approches traditionnelles en se concentrant sur l’aspect global de l’écriture, prenant en compte non seulement la motricité fine mais aussi les aspects émotionnels et cognitifs de l’écriture.

Le PEPS propose une série d’exercices et de jeux qui stimulent les enfants pour les motiver tout au long du processus de rééducation. Ce programme est particulièrement efficace pour les enfants qui éprouvent des difficultés à écrire de manière fluide et lisible, leur donnant l’occasion de redécouvrir le plaisir d’écrire.

Concevoir des programmes sensoriels pour personnes avec autisme

Dans leur dernier ouvrage, Aurélien D’Ignazio et Olivier Gorgy nous présentent leur méthodologie pour conceptualiser des programmes sensoriels pour les personnes atteintes de troubles du spectre de l’autisme (TSA). Ce petit livre est un véritable guide pratique pour les psychomotriciens qui souhaitent mettre en place des stratégies sensorielles personnalisées. En détaillant le processus de conception de ces programmes, les auteurs permettent aux praticiens de mieux comprendre les besoins uniques de chaque patient avec autisme.

Le livre propose des exemples concrets d’activités sensorielles qui peuvent être intégrées dans les séances de rééducation. Par exemple, l’utilisation de matériaux variés pour créer des expériences tactiles, l’intégration de jeux de couleurs et de lumières pour stimuler la perception visuelle, ou encore l’emploi de musiques spécifiques pour apaiser et concentrer l’attention. Ces programmes visent à réduire les comportements perturbateurs et à améliorer la qualité de vie des personnes avec TSA en leur offrant des outils pour mieux réguler leurs interactions avec leur environnement.

RUBI, un PEHP pour la gestion des comportements perturbateurs

L’importance de fournir un soutien éducatif aux parents d’enfants avec autisme ne peut être sous-estimée. C’est là que ce programme structuré en 11 séances intervient, visant à accompagner les parents qui gèrent des comportements perturbateurs chez leur enfant. Élaboré avec soin, ce programme utilise une combinaison de thérapies comportementales et de techniques de management du stress pour aider les parents à instaurer un climat familial plus harmonieux.

Ce programme enseigne, entre autres, des techniques de renforcement positif, des méthodes de communication renforcée et des stratégies de gestion des crises. Chaque session est conçue pour être progressive, établissant les bases de l’autonomie pour les parents afin qu’ils puissent continuer le travail au-delà des séances formelles. Par exemple, en apprenant à identifier les déclencheurs de comportements indésirables, les parents découvrent comment intervenir efficacement et réorienter positive les interactions avec leurs enfants.

Groupes d'entraînement aux habiletés sociales pour enfants et adolescents

Les habiletés sociales sont cruciales pour le développement personnel et professionnel. Un programme spécifique, co-créé par un psychomotricien, propose des ateliers pour les enfants et les adolescents qui ont des difficultés relationnelles. Les groupes sont conçus pour être à la fois éducatifs et ludiques, permettant aux participants d’apprendre et de pratiquer diverses compétences sociales dans un cadre soutenant.

Au cœur de ces séances se trouvent des jeux de rôles, des discussions guidées et des exercices de groupe qui encouragent l’expression personnelle et la compréhension des règles sociales. Un exemple d’activité pourrait inclure l’analyse et la discussion de scénarios sociaux courants, aidant ainsi les enfants à développer des stratégies pour des interactions réussies. Les séances prennent en compte la diversité des besoins, en utilisant des outils visuels, des aides auditives et des techniques basées sur le mouvement pour adapter la formation à chaque type d’apprenant.

Les PEHP : pionnier de l'entraînement aux habiletés parentales

Les Programmes d’Entraînement aux Habiletés Parentales (PEHP) représentent un pilier fondamental dans l’accompagnement des familles dans le contexte paramédical. Alan Kazdin, un précurseur dans ce domaine, a développé des protocoles qui ont été validés par de nombreuses recherches. Son approche, qui se concentre sur le renforcement positif et la modification des comportements, fournit une base solide sur laquelle les parents peuvent s’appuyer pour mieux naviguer dans les défis quotidiens.

Les PEHP aident les parents à renforcer les comportements souhaités chez leurs enfants tout en atténuant les comportements inadaptés. Ce programme enseigne des techniques telles que l’engagement positif, la gestion des récompenses et les stratégies de résolution des conflits. Par exemple, à travers des ateliers interactifs, les parents apprennent à établir des routines claires à la maison, à appliquer une discipline bienveillante et à encourager l’autonomie chez leurs enfants en résolution de problème. En adoptant ces pratiques, les familles sont mieux équipées pour créer un environnement positif et dynamisant pour le développement de l’enfant.

D'autres outils pour enrichir ta pratique en psychomotricité

Ces méthodes et outils de protocoles d'intervention psychomotricité montrent comment une approche structurée et réfléchie peut transformer des séances de psychomotricité en véritables moments de progrès et de découverte pour les enfants et leurs familles. La richesse de ces ressources prouve qu’il y a toujours de nouvelles voies à explorer pour soutenir nos patients de la manière la plus efficace possible.

N’oublie pas que les formations continues et les échanges avec d’autres professionnels du secteur restent des moyens très efficaces pour rester à jour quant aux pratiques psychomotrices innovantes. En intégrant ces programmes dans ta routine professionnelle, non seulement tu développeras tes compétences mais tu sentiras aussi un impact positif sur ton approche thérapeutique.

Rejoins la communauté @pensez_psychomot pour accéder à davantage de ressources et d'inspiration partagées par des professionnels de la psychomotricité comme toi. Inscris-toi avec ton email ci-dessous pour recevoir des mises à jour régulières sur les meilleures pratiques, outils et innovations dans le domaine. ⤵️